Zébritude

Publié le par Killa


J'ai trouvé dans un bouquin un tableau récapitulatif que je trouve judicieux, pour mon cas en tout cas :

"- Un système et une organisation de la pensée qui ne répondent pas aux règles et au fonctionnement habituels.
- Une pensée qui active simultanément plusieurs canaux de réflexion, d'associations d'idées.
- Une pensée qui se déploie sans cesse, avec des idées qui s'enchaînent sans fin.
- Une pensée puissante mais sans limites qui a besoin d'un cadre pour s'organiser.
- Une pensée créative et qui s'éloigne des sentiers classiques.
- Une pensée intuitive, capable d'associer des idées qui appartiennent à des domaines éloignés les uns des autres.
- Une pensée globale qui a des difficultés à découper, développer, justifier, argumenter.
- Une pensée qui ne peut se construire si le sens n'est pas exactement défini."

Ca c'est pour la pensée. Pour ma part, je ne me classe pas dans les génies, j'ai juste une pensée un peu plus performante que la moyenne, mais déficiente dans certains domaines par rapport à ladite moyenne.

Je trouve que l'appellation de "zèbre", à défaut d'une autre que tout le monde pourrait comprendre sans référence livresque, est beaucoup plus judicieuse que celle de "surdoué".
Car on peut faire partie de ce groupe sans être notoirement beaucoup plus intelligent que les autres.
C'est une autre manière d'être construit. On ne fonctionne pas pareil.
On est d'une sensibilité bien supérieure à la moyenne, affectivement et par les sens aussi. Ce qui fait qu'on est souvent susceptibles, souvent blessés par les autres sans même qu'ils s'en rendent compte.

Le fait d'être différente m'a rendu la vie difficile et douloureuse. Car je ne savais pas que la zébritude incluait d'autres différences qu'un QI un peu supérieur. Je savais depuis mon enfance que j'étais une zèbre, mais sans en connaître toutes les implications.
Je ne savais pas que j'étais différente, alors je pensais que j'avais des problèmes, que j'avais vécu des traumatismes qui auraient expliqué mon manque de confiance en moi, mon décalage par rapport aux autres, le rejet dont j'ai été souvent victime. D'autant que devant ma différence, la plupart des réactions des "autres" ont été de me dire que j'avais des problèmes et que je devrais me faire soigner, en résumé.

Dès mon plus jeune âge, j'ai construit un bouclier protecteur, pour ne pas me laisser envahir par mes émotions. Schéma classique des zèbres. A tel point que cette carapace m'a un peu enfermée, et que pour la plupart je paraîs froide et insensible, alors qu'évidemment, à l'intérieur c'est l'inverse...

Au fil des années et de mon évolution, j'ai trouvé des moyens, des outils pour arriver à mieux vivre en société. Mais toujours pas facile...
Et puis il y a une quinzaine de jours, ma soeur m'a offert "les adultes surdoués" de Jeanne Siaud-Facchin, et je suis en train de lire son premier livre "l'Enfant surdoué". Pour moi ça a été une révolution.
Je suis normale... juste dans la norme d'un petit pourcentage de la population... différente de la majorité.
Je n'ai pas de problème, pas de traumatisme, simplement je fonctionne autrement !
Mon ciel s'est éclairci.
Reconnaître ma différence me fait aussi mieux reconnaître, apprécier et respecter la différence des autres (même si en fait eux sont dans la norme...). Je sais qu'il ne faut pas que j'attende d'eux ce que moi j'aurais dit ou fait, ce n'est pas possible, et ce, sans jugement de valeur. Juste la reconnaissance de la différence. Différence qui est toujours une richesse.

Un ami m'a dit, après avoir lu cet article, que c'était quand-même assez prétentieux de ma part. Je crois juste qu'il n'a rien compris et/ou que je me suis mal exprimée. Ce n'était pas du tout mon propos de dire que j'étais "plus" que les autres, pas du tout, je voulais juste dire que je suis "autre". Ca permet des choses différentes, ça amène aussi des difficultés dans ce qui est évident pour la majorité. Cet ami est pourtant aussi du type zèbre, mais, est-ce une question de génération (ex ami de ma mère) je n'en sais rien, il trouve ça malvenu d'en parler.
Mon opinion est que moi ça m'a été dune aide infinie qu'on m'en parle au travers d'un livre, alors je fais passer le relais, à mon tour j'en parle.

Bibliographie :

"Comment je suis devenu stupide" Martin Page
Jeanne Siaud-Facchin :
"trop intelligent pour être heureux - les adultes surdoués"
"l'enfant surdoué - l'aider à grandir, l'aider à réussir"




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M
Amusant et intéressant, ce terme de "zébritude". Depuis l'enfance, j'ai toujours su, cru, et dit que j'étais un "zèbre". Parce que je suis métisse, assurément, donc noire et blanche, même si les rayures ont été mélangées dans mon cas et que je suis assez uniformément brune. Mais aussi parce que je suis différente, je pense différemment, je fonctionne différemment, je ne m'intéresse pas aux mêmes choses que la plupart des gens qui m'entourent. La population de zèbres est tellement éparpillée que parfois on a du mal à rencontrer le zèbre complémentaire, celui qui est peut-être blanc et noir en complément de votre noir et blanc...
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